Le jour d'avant, nous avions prévu d'aller au salon Artisa, Mum et moi, et d'emmener les petits. Il ne fallait rien changer aux habitudes annuelles. Quelle idée !!!Nous étions trop angoissées et après réflexion, nous nous sommes dit que rester tranquille à la maison conviendrait nettement mieux à tous. Nous sommes restés en pyjama toute la journée à réaliser des cartes et des décorations de Noël, moment régressif et jouissif. Vraiment, les choses simples sont les meilleurs remèdes aux angoisses.

     Le jour J, j'étais prête. Je devais rentrer à l’hôpital, un jour avant en début d'après- midi. Ma sœur m'accompagnait. Nous avons décidé d'aller sur Grenoble dans la matinée et de manger au restaurant avec notre sœur pour passer un bon moment et se détendre un peu.

Je n'ai pas eu le temps d'arriver à l’hôpital et de ranger mes affaires que deux internes sont venus me raser les cheveux sur de toutes petites surfaces pour placer des électrodes et réaliser une IRM. J'avais à cette époque les cheveux longs et surtout très épais. Les internes étaient bien embêtés, l'un d'eux semblait même mal à l'aise. Moi, je m'étais préparée à ce qu'ils me rasent complètement le coté gauche du crâne en me disant que ça faisait des années que je voulais couper mes cheveux très court mais que je n'avais jamais eu la force de le faire. Là c'était le bon moment. Il fallait que j'enlève mes lunettes pour faire ce geste, je voyais flou. Alors si il y a bien un moyen de se centrer sur soi et de calmer ses palpitations, c'est bien d'enlever ses lunettes, simple et efficace, à prescrire quand on est myope et que l'on stresse.

J'étais donc dans mon monde et je ne voyais pas ma sœur et heureusement. Elle ne m'a jamais rien dit de précis sur ce spectacle mais je pense que la réalité lui a pété à la figure à ce moment-là.

Mes sœurs et ma belle sœur ont passé une partie de la soirée avec moi, Games of Thrones également pour égayer ma soirée et essayer de m'endormir calmement.

          Le lendemain, attente attente attente.

Je savais déjà qu'il y avait des problèmes pour le scanner et que si on ne pouvait pas le faire le matin même, je ne pourrai pas être opérée. J'ai pu le passer ouf et là j'ai attendu, attendu, attendu en tenue à ne pas pouvoir trop bouger avec juste autorisation d'aller aux toilettes en chaussons. J'ai cru que je ne passerai pas et que tout était reporté mais à 14h, le brancardier a débarqué tel un libérateur, j'avais tellement attendu que j'étais très motivée, prête, plus que prête. L'équipe d'anesthésistes et d'internes était vraiment chaleureuse et ils ont bien pris en compte mes demandes et mes interrogations. Ah l'absence de lunettes, quelle belle échappatoire quand on débarque dans la planète salle d'opération. Bizarre, mon côté curieux était bien camouflé ce jour là. C'est dommage, quand j'y repense, j'aurais bien aimé voir de plus près ce qui se passait.

Je me suis endormie en un rien de temps et réveillée calmement avec simplement les yeux qui pleuraient et l'envie cette fois d'avoir mes lunettes.

       Dans ma chambre, mon copain, mes parents, mes sœurs et un des chéris chéris m'attendaient. Je ne vous dis pas l'équipe de choc, les traits tendus, les mâchoires crispés. Ils avaient beaucoup trop attendu eux aussi, ils étaient soulagés mais inquiets. Moi à part la fatigue j'allais bien.

       Quand j'y pense maintenant je me dis qu'une biopsie c'est vraiment rien.