L'attente a commencé, l'attente l'attente l'attente !

Les douleurs de la crise commençaient à s'atténuer mais le Keppra, médicament que je dois prendre à vie pour empêcher les crises d’épilepsie, me fatiguait encore beaucoup. Je faisais une sieste le matin, une l'après-midi et des micro-sieste dans la journée, un vrai bébé ! Je savais que j'allais m'habituer à ce traitement et qu'il me fallait un peu de temps.

L'attente et l'angoisse.

Je n'avais jamais été opérée. Je ne savais pas ce qu'être endormi signifiait. Je me demandais si on allait me raser, si j'allais avoir un énorme pansement. Le scénario catastrophe se mettait en route comme d'habitude. Comme dit ma psy, « mécanisme de défense souvent utilisé qui tient son rôle » mais qui est tellement énergivore. Je n'ai pas encore réussi à trouver un autre moyen de faire face. Quand une technique est utilisée depuis des générations dans une famille, qu'elle est transmise et que l'on ne connaît que ce palliatif et bien on saute dessus et on en use et on en abuse.

Je me préparais à tout. Il fallait déjà réapprendre à vivre avec l'idée que justement rien ne serait comme avant et que tous les cas de figure étaient possibles et il fallait attendre. Il fallait accepter le fait que j'étais malade. J'avais été jusqu'à maintenant qu'une accompagnante et même qu'une mauvaise accompagnante de mon papa face à cette maladie et que maintenant je devais la vivre intérieurement, personnellement, dans ma chair.

Comme si je n'étais pas allé assez loin dans le ressenti et dans l’approche de ce mal et que je devais moi aussi le vivre pour me rendre compte précisément de ce que c’était.